GARD UN VOYAGE QUI NOUS EMBARQUE DANS LE GRAND MONDE

Après avoir connu le débarquement de Normandie en 1944, l’auteur évoque ses amitiés avec des personnalités de renom. Son parcours d’élu bien placé et de grand voyageur à travers le monde complète ce Voyage au bout de ma vie. Une réflexion philosophique sur le sens de la vie et la métaphysique parachèvent sa quête de l’existence de Dieu.

Né en Normandie en 1938, Bernard de Montrion est le fils d’un Français libre incarcéré avec Pierre Semard à la prison d’Évreux en 1942. Il grandit sous l’occupation allemande, jeune témoin du débarquement et des combats de Normandie en 1944.

Après des études hellénistes, il obtient un doctorat en chirurgie dentaire, puis un doctorat de 3e cycle en sciences odontologiques. Marié et père de trois enfants, il exerce en cabinet libéral durant trente-cinq ans.

Recruté comme missus dominicus par Georges Pompidou en 1972, il travaille avec les trois successeurs du président, jouant un rôle important dans l’affaire des diamants de Giscard et l’élection présidentielle de 1981.

Il rencontre de nombreuses personnalités politiques et artistes, est candidat aux élections sénatoriales de 1998 et membre du comité consultatif de l’AFER depuis 2011. À l’âge de 84 ans, ce philosophe s’interroge sur le sens de la vie et l’existence de Dieu. Ses écrits dépeignent le monde rural d’une époque révolue.

Il faut dire que né un mois avant les accords de Munich, Bernard de Montrion présente un parcours de vie, comme vous l’avez compris, peu banal. Au cours de sa carrière professionnelle et politique, il cultive une amitié profonde avec Georges Brassens, le professeur Christiaan Barnard, ou encore le président Léopold Sédar Senghor.

Durant une vingtaine d’années, il est donc un témoin actif et privilégié des plus hautes sphères du pouvoir. Élu local (maire de Bouquet près de Lussan), il œuvre également dans le cadre de l’Association des maires de France en tant que membre du Comité directeur. Aujourd’hui bénévole pour l’AFER, il se consacre à la défense des épargnants aux côtés du président Gérard Bekerman. À 84 ans, ce sportif et aventurier se lance dans l’écriture avec le présent ouvrage.

Au fil des pages…

Au lavoir régnait une ambiance joyeuse. Les femmes, entre deux coups de battoir, s’interpellaient, racontaient les potins du village, riaient et chantaient. À midi, on sortait le casse-croûte du panier et nous mangions de bon appétit. Moi, de mon côté, je cueillais du cresson de fontaine dont les bords de la rivière regorgeaient, je laissais voguer des morceaux de bois, vaisseaux imaginaires sur ce « fleuve ». Tout me paraissait grand alors. Le bâtiment avec sa toiture en ardoises et ses piliers, les emplacements pour les lavandières au bord d’un plan incliné en pierre. Celles-ci battaient les draps avec vigueur ; le bruit des coups se mêlait aux cris, aux voix, aux chansons. Que c’était gai !

Sur le soir, le linge rincé dans la rivière et remis dans les lessiveuses, on chargeait ces dernières sur la carriole et « en avant Fauvette ! » jusqu’à la maison. J’adorais ces journées champêtres.

Ce n’est que le 6 juin 1944 que tout bascula. À 40 km des côtes, nous perçûmes faiblement dans le lointain le grondement des canons mais rien de plus. Le décès de ma grand-mère, ce jour-là, fut l’évènement marquant. Nous n’eûmes connaissance du débarquement, près de chez nous en Normandie, que le lendemain.

À six ans, j’étais maintenant en âge de comprendre ce qui se passait, sans évidemment en évaluer la portée. Les quatre ou cinq jours suivants ne nous inquiétèrent pas plus que ça. La vie semblait continuer comme avant, sans rien de changé. Puis soudain, un vacarme assourdissant nous surprit en plein sommeil. À 10 m de notre chaumière, des convois de chars allemands empruntant notre petite route non goudronnée, chargés d’hommes, faisant trembler le sol, roulaient vers le sud toutes chenilles grinçantes…

 

Bernard De Montrion, Voyage au bout de ma vie. Format de 15 x 21 cm pour 234 pages au prix de vente : 19 euros.

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